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troisième partie de Généalogie de la morale

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CamilleA
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MessageSujet: troisième partie de Généalogie de la morale   Mar 29 Juil - 15:09

J'ai commencé par ficher la troisième partie, les précédentes...hum, je sais pas, ça me dit rien Basketball


Nietzsche Généalogie de la morale coll.Folio classique


TROISEME DISSERTATION : Que signifient les idéaux ascétiques ?

· Quelques cas particuliers

L’idéal ascétique a signifié beaucoup, il diffère selon que l’on soit artiste, philosophe, femme, prêtre etc. Cette diversité révèle « le trait fondamental de la volonté humaine » : elle a besoin d’un but et « plutôt que de ne rien vouloir, elle veut le rien » (p112)
Après s’être penché sur le cas de Wagner et de son Persifal, Nietzsche (N.) délaisse le cas des artistes réduits à être de simples « valets » pour qui l’idéal ascétique signifie « tant de choses différentes que c’est pratiquement rien du tout » (p117) et qui. Il s’intéresse à la position du philosophe qu’il veut « esprit indépendant » par rapport à l’idéal ascétique ; il examine la position du philosophe allemand Schopenhauer vis à vis de l’art. Celui-ci revalorise la musique, art souverain qui ne se contente pas de refléter les phénomènes mais « parle le langage de la volonté, jaillissant directement du fond de l’ « abîme » comme sa révélation la plus personnelle, la plus originelle et la plus spontanée » (p119).

N. s’attaque ensuite à Kant qui envisage le problème esthétique du seul point de vue du spectateur sans avoir une grande expérience personnelle. Au « plaisir désintéressé » de Kant, il oppose la conception de Stendhal pour qui la beauté est « une promesse de bonheur » (p120) ie une « excitation de la volonté » ( de l’ « intérêt »). Schopenhauer, qui se croit kantien, décrit le calme comme l’un des effets de la beauté. Il est désintéressé au sens où sa contemplation esthétique est dépourvue de tout intérêt sexuel (p121) mais sans l’être : la beauté lui plaît par l’intérêt le plus fort, «celui du torturé qui se délivre de sa torture » conclut N. (p122)

N. souligne la rancune des philosophes à l’égard de la sensualité. Héraclite, Platon, Descartes, Spinoza, Leibniz, Kant, Schopenhauer, tous non mariés, auraient parlé comme Bouddha et comme tout philosophe ( = esprit indépendant) : « la liberté, c’est de quitter le foyer ». Autrement dit, être délivré de la contrainte puisque « posséder c’est être possédé », ce qui ne contredit pas les mots d’ordre de l’idéal ascétique « pauvreté, humilité, chasteté ».

Pour N. l’instinct d’inactif des hommes contemplatifs a longtemps été méprisé (Aurore). Les philosophes anciens ont donc répondu à la crainte qu’ils inspiraient en accentuant leur caractère inquiétant usant de cruauté envers eux-mêmes, de mortifications, etc. Les philosophes devaient croire à l’idéal ascétique pour pouvoir le représenter et s’en servir comme « déguisement » : « nier le monde, être hostile à la vie, mépriser les sens et se passer d’eux » entretenait leur mise à l’écart et donc garantissait leur tranquillité.

· Retour à la question centrale

Selon N., l’ascète considère que « la vie est un chemin pris par erreur » (p138).
« Une vie ascétique est une contradiction en soi : il y règne un ressentiment sans égal, celui d’un instinct insatisfait, d’une volonté de puissance » qui voudrait dominer la vie.
Le prêtre ascétique incarne cette espèce ennemie de la vie qui pullule. Cependant, cette contradiction de soi-même manifeste chez l’ascète, le dénie de sa propre réalité, de sa corporéité, de ses sentiments, la « vie contre la vie » ne peut être qu’apparente (p141).

N. remonte à la réalité des faits : « l’idéal ascétique a sa source dans l’instinct de défense et de salut d’une vie en voie de dégénération». (p142) L’idéal ascétique est une ruse de la conservation de la vie pour dominer l’état morbide de l’homme domestiqué. Les « malades », ie des hommes du ressentiment, « ces hommes physiologiquement disgraciés » (p147) cherchent a se venger des « heureux » : introduire leur propre misère dans la conscience des heureux de sorte que ceux-ci est honte de leur bonheur, c’est la vengeance suprême !
Pour N., deux plaies fatales guettent les heureux ie les plus forts : le grand dégoût de l’homme et la grande pitié pour l’homme.

· Fonction du prêtre ascétique

Le prêtre ascétique est un homme malade qui exerce sa domination sur ceux qui souffrent. Il « change la direction du ressentiment » (p151). En effet, celui qui soufre cherche instinctivement un coupable à sa douleur sur lequel il pourra décharger ses passions. Ainsi, la cause véritable du ressentiment, de la vengeance réside dans le « désir d’étourdir la douleur par la passion ».
Le prêtre ascétique n’est pas un médecin qui soigne la cause de la douleur : il ne combat que la douleur et d’une manière ingénieuse. Il soutient que la « cause » de sa souffrance, l’homme doit la chercher en lui-même, dans une faute commise dans son passé, cette souffrance est un châtiment. Le « péché », le sentiment de culpabilité, prend forme entre les mains du prêtre ascétique. Au fond, toutes les grandes passions déchargées subitement peuvent faire sortir l’homme de son ennui, de son dégoût, de sa dépression.

· Où est le contraire de l’idéal ascétique ?

La science moderne qui prétend se passer de Dieu et des vertus négatrices n’est en réalité que la forme la plus récente et la plus élevée de l’idéal ascétique : la science et l’idéal ascétique reposent sur une même croyance au caractère inestimable et incritiquable de la vérité ; les savants sont « des hommes souffrants qui ne veulent pas s’avouer à aux-mêmes ce qu’ils sont, des hommes engourdis, égarés, qui ne craignent qu’une chose : devenir conscients… » (p179)

Même constat en ce qui concerne les philosophes idéalistes qui se croient « libres esprits » . Leur foi en la vérité les conduit à une modération philosophique, à une volonté de s’en tenir à ce qui est (factum brutum). Ce qui justifie cette volonté absolue de vérité, c’est « la foi dans l’idéal ascétique lui-même », dans une valeur métaphysique.
Finalement, c’est toujours sur une croyance métaphysique que repose notre croyance en la science. Si la croyance dans le « Dieu de l’idéal ascétique » est niée alors se pose le problème de la valeur de la vérité.

L’art, en quoi le mensonge se sanctifie, s’oppose à l’idéal ascétique davantage que la science. D’où Platon ennemi de l’art. (p184). Et d’où le comble de la corruption lorsque l’artiste sert l’idéal ascétique.

· Conclusion : p194
En dehors de l’idéal ascétique, l’animal-homme était dépourvu de sens ; son existence sur terre n’avait pas de but. L’idéal ascétique vient combler ce manque et donne un sens à la question « pourquoi souffrir ? ».
« En lui, la souffrance semblait interprétée (…) ; la porte se fermait devant le nihilisme et le suicide ». Il pouvait désormais vouloir quelque chose.
Bref, « l’homme aime mieux vouloir le néant que ne pas vouloir ».
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